Violences sexuelles: 1 suspect sur 5 est... une femme!

Violences sexuelles: 1 suspect sur 5 est... une femme!
iStock

Sur les 2.385 suspects qui ont été fichés dans la BNG en 2015 pour violence sexuelle, 407 étaient des femmes et 1.978 des hommes. Ce qui correspond à une proportion 83%-17%. Les hommes restent donc largement majoritaires dans la plupart des infractions. En matière de viols, ils sont indétrônables: 351 hommes et 6 femmes. Même domination en ce qui concerne les attentats à la pudeur avec violence et/ou menace avec 162 suspects pour 5 suspectes. Si l’on prend les attentats à la pudeur sans violence ou menace, on «monte» à 19 femmes pour 334 hommes. La pornographie enfantine reste encore une affaire d’homme avec 291 suspects pour, quand même, 16 femmes suspectées de s’adonner à ce passe-temps pervers.

Les infractions où les femmes sont le mieux représentées: l’exploitation de la débauche d’autrui (46 maquerelles/71 maquereaux), l’outrage public aux bonnes mœurs (50 femmes et 549 hommes) et surtout, l’incitation à la débauche. Dans cette dernière infraction, il y a deux fois plus de femmes (261) que d’hommes (141) et cela est le cas depuis 2012 au moins. Inciter à la débauche, c’est inciter une personne, par des paroles, des gestes ou des signes, à la débauche, dans un lieu public. C’est aussi faire de la pub pour une offre de services à caractère sexuel (une annonce pour des lignes de téléphone rose par exemple). Ou encore regarder un film porno avec un enfant. «Sous cette infraction, on peut aussi viser une femme qui ferme les yeux sur son mari (ou sur le papy) qui abuse de son enfant», nous explique Véronique Cornet, substitut mœurs au parquet de Namur. «Ou qui facilite les faits en s’éclipsant quand il le faut». Hypertabou «L’incitation à la débauche, c’est aussi faire du racolage sur la voie publique», ajoute Nathalie Vandeweerd, 1er substitut au parquet de Liège. «Comme cela se fait dans le quartier de la Grand’Poste à Liège par exemple. La pratique est tolérée. Les policiers font régulièrement des contrôles d’identité et vérifient juste que les filles sont majeures et ne sont pas en séjour illégal. On tombe là sur des prostituées ou sur des toxicomanes qui proposent du sexe à 5 ou 10€ pour se payer leur came. Je poursuis rarement. Cela ne ferait que déplacer le problème et plonger ces filles dans la clandestinité.» Pour le sexologue et thérapeute Guillaume Van Der Meersch, si l’homme reste le principal agresseur sexuel, «c’est probablement dû à des facteurs hormonaux et biologiques (testostérone…). Et quand l’homme passe à l’acte, c’est parce que, vu sa fragilité narcissique, il n’a pas intégré les interdits fondamentaux. Aujourd’hui, les tabous tombent. On ose dénoncer un père abuseur et, plus timidement, une femme. Mais là, il y a encore un long chemin pour admettre qu’une femme puisse violer un enfant. La femme est celle qui prend soin de l’enfant. Dans l’opinion publique, la colère est décuplée si on apprend qu’une femme a pu participer à de tels actes. C’est quasi une circonstance aggravante!» 

Le Conseil de déontologie journalistique a constaté des fautes déontologiques dans cet article. Son avis peut être consulté ici.

Téléchargez notre nouvelle appli Sudinfo

Téléchargez notre nouvelle appli Sudinfo

Notre sélection vidéo
Aussi en Belgique