Les règles de priorité méconnues: c’est la 2e cause d’accidents!

Les règles de priorité méconnues: c’est la 2e cause d’accidents!

En 2018 (derniers chiffres complets disponibles), 49 usagers ont perdu la vie et 6.044 ont été blessés lors d’un accident impliquant un refus de priorité. En tout, il y a eu 4.661 sinistres de ce type sur un an – une moyenne de 13 par jour –, soit 12 % de l’ensemble des accidents corporels.

Dix ans plus tôt, ce taux était de 16,5 % avec 7.883 accidents et 10.605 blessés. « À l’époque, il y avait eu 49 tués. En fait, le nombre de décès dans ce genre d’accident n’a pour ainsi dire pas évolué depuis 2013. Cela signifie que les collisions sont de plus en plus graves », souligne Benoît Godart de l’Institut Vias.

Les statistiques sont claires : 31 % de l’ensemble des accidents corporels causés par un refus de priorité se produisent entre un cycliste et une voiture (la moyenne est de 3,6 par jour). « Au-delà d’un impact à 20 km/h, les conséquences peuvent être mortelles pour le cycliste », prévient le spécialiste de la sécurité routière.

Et d’ajouter : « Certaines règles du code de la route peuvent prêter à confusion quant à la conduite à adopter face à un cycliste ». C’est d’ailleurs l’un des trois cas de figure d’accident : la méconnaissance des règles, surtout que de nouvelles se sont ajoutées ces dernières années, notamment les rues cyclables.

Les cyclistes aussi ne maîtrisent pas toujours les règles les concernant. Et il y en a de plus en plus sur les routes grâce au développement de l’assistance électrique. « Il revient à tous les organismes de sécurité de retaper sur le clou en matière de connaissance du code. C’est ce que nous allons faire à Vias », annonce Benoît Godart.

Distrait ou irrité

Le deuxième cas de figure est la distraction : le conducteur n’a, par exemple, pas vu le céder le passage. Dans les carrefours très dangereux, l’infrastructure est désormais adaptée avec le placement d’un second stop lumineux en plus du premier.

« Le troisième scénario d’accident est le conducteur qui sait qu’il doit céder la priorité, mais qui passe quand même, pensant, à tort, avoir assez de temps pour réaliser sa manœuvre. Il y a aussi ceux qui passent en force. Les embouteillages croissants génèrent une certaine irritation chez les conducteurs. Le refus de priorité est l’une des conséquences de cette irritation », analyse le spécialiste.

Avec un taux de 12 % en 2018, le refus de priorité est la deuxième cause d’accident, derrière la vitesse (20 %), mais devant l’alcool (10 %).

Toujours selon les statistiques de Vias, 28 % des accidents avec refus de priorité impliquent uniquement des voitures et 12 % sont survenus entre une voiture et un cyclomoteur. Dans 7 % des cas, il s’agissait d’une collision entre un motard et une voiture. L’implication des camions, des camionnettes et des bus est relativement faible.

« Le refus de priorité n’est pas toujours la seule cause du sinistre. D’autres facteurs peuvent aussi jouer un rôle à cet égard : distraction pour cause d’usage du GSM, vitesse excessive, conduite sous influence de l’alcool. Quoi qu’il en soit, il demeure vital de rappeler les bonnes règles de priorité », martèle notre interlocuteur.

Les règles à ne pas oublier

Priorité de droite. Tout conducteur doit céder le passage à celui qui vient à sa droite, sauf s’il circule dans un rond-point ou si le conducteur qui vient de droite sort d’un sens interdit. Depuis le 1er mars 2007, la règle selon laquelle le conducteur perd sa priorité de droite lorsqu’il s’arrête, a été abolie. Elle provoquait bon nombre de situations qui prêtaient à confusion. Par ailleurs, le conducteur doit céder le passage dans certains cas précis, par exemple à la sortie d’un chemin de terre.

Céder la priorité en cas de manœuvre. Le conducteur qui veut exécuter une manœuvre doit céder le passage aux autres usagers. Sont notamment considérées comme manœuvres : changer de bande ou de file, traverser la chaussée, quitter un stationnement, effectuer un demi-tour ou une marche arrière.

Les véhicules sur rails. Tout usager doit céder le passage aux véhicules sur rails. Les piétons doivent toujours s’arrêter face à un tram en approche.

Les cyclistes. Le conducteur qui traverse un trottoir ou une piste cyclable, doit céder le passage aux usagers circulant sur le trottoir ou la piste cyclable. Par ailleurs, il peut céder la priorité lorsqu’il approche d’un passage pour cyclistes mais il n’est pas obligé de le faire.

Les piétons. S’il n’y a pas d’agent ou de feux à l’approche d’un passage pour piéton, le conducteur doit céder le passage aux piétons qui y sont engagés ou sont sur le point de s’y engager. Les cyclistes dans le même cas de figure doivent eux aussi s’arrêter et céder la place aux piétons.

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