Football: le Montois Michel Iannacone sacré champion d’Afrique!

La cérémonie de remise du trophée, un grand moment dans la carrière du Montois.
La cérémonie de remise du trophée, un grand moment dans la carrière du Montois. - D.R.

Il n’a plus de voix tellement il a hurlé sa joie, vendredi, après la victoire de son Sporting, celui d’Al Ahly, en finale de la Ligue des Champions d’Afrique. « C’est bien simple, ce week-end, je ne savais plus parler, il n’y avait plus aucun son qui sortait », tente d’expliquer Michel Iannacone. Il s’agissait, il est vrai, d’une finale totalement inédite car 100 % égyptienne ! « Un vrai derby, très stressant, avec un enjeu énorme. Que dire alors de ce dénouement extraordinaire, dans les dernières minutes de la partie… »

À la 85e, le marquoir affichait toujours 1-1 entre Al Ahly et Zamalek, le club rival et voisin du Caire. C’est alors que Mohamed « Afsha » Magdy rendait l’avantage aux Diables rouges d’un tir parfait. « Il n’y avait pas de supporters dans le stade, mais nous avons assuré l’ambiance nous-mêmes. L’explosion dans nos rangs a été totale au moment du deuxième but ! Tout le monde a couru vers un des points de corner où s’étaient rassemblés les joueurs. Je me suis alors levé du banc comme un fou pour suivre le mouvement. Trop vite, en fait, car je me suis occasionné un claquage. En général, cela fait très mal, mais là, je ne sentais rien (rires). L’effet de la délivrance, sans doute ». Pourtant, la rencontre n’était pas encore tout à fait terminée. L’arbitre laissa même le jeu se poursuivre jusqu’à la… 96e ! « Interminable ! Mais nous ne voulions surtout pas des prolongations, et les garçons ont bien tenu jusqu’au coup de sifflet final ».

Coupe nationale et Supercoupe d’Afrique : pourquoi pas ?

Cela fait un peu plus d’un an que Michel bosse en Égypte, et il vient donc, déjà, de décrocher son troisième trophée, après la Supercoupe et le championnat. Et ce n’est peut-être pas tout : « Il en reste encore deux en jeu d’ici la fin de l’année 2020 », précise l’entraîneur des gardiens. « Ce mardi, place à la demi-finale de la coupe nationale. Nous ferons tout pour obtenir le ticket pour l’apothéose programmée le 5 décembre. Et cinq jours plus tard, nous disputerons la finale de la Supercoupe d’Afrique face aux Marocains de Berkane. C’est le club de Mouhssine Iajour, que j’ai côtoyé au Mambourg. Il y aura donc deux Carolos sur la pelouse ! »

Le Montois a clairement pris du galon à Al Ahly. D’ailleurs, alors qu’il avait craint de devoir suivre René Weiler quand le Suisse décida de ne pas prolonger l’aventure, en octobre dernier, Michel a gardé sa place. « Je pensais vraiment être remercié, comme souvent en cas de changements dans un staff. Mais le lendemain du départ du coach, le président me demandait de rester. Je n’ai pas hésité une seconde, vous pensez bien. Cette marque de confiance, confirmée par un contrat de deux ans, jusqu’en septembre 2021, me procure beaucoup de fierté ». Désormais, c’est le Sud-Africain Pitso Mosimane qui dirige l’effectif. « Notre collaboration se passe très bien », termine le TK.

Grâce à ce neuvième titre continental qu’ils attendaient depuis 2013, les Diables rouges d’Al Ahly représenteront l’Afrique à la Coupe du monde des clubs au Qatar, en février 2021. Michel Iannacone devra peut-être penser à acheter une plus grande armoire pour entreposer tous ses trophées…

F.Mi.

Entre 20 et 24° au Caire pour l’instant

Pression. « Al Ahly a beau être le club le plus important du pays et du continent en termes de trophées, il reste familial », précise Michel. « Le président ne nous met pas la pression. Ancien grand joueur du club, il comprend la situation, sait comment se comporter avec le groupe ».

Finale. « Quand Zamalek a égalisé, nous avons eu un peu de mal, sans toutefois concéder d’occasions nettes. Et après le repos, nous avons repris en force pour faire la différence ».

Gardien. « Toujours resté calme, le mien a signé une belle prestation. Ce qu’il a dû faire, il l’a bien fait ».

Derby. Pour la première fois dans l’histoire de la Ligue des Champions africaine, la finale concernait deux formations du même pays. « Comme quoi, le foot égyptien est en plein essor, avec des leaders comme Mohamed Salah. Avec huit ou neuf joueurs de chez nous, l’équipe nationale ne manque pas de qualités ».

Réjouissances. « Nous avons bien fêté la victoire. Nous sommes rentrés à 4h du matin. Mais il n’y a pas eu de casse, comme l’ont confirmé les résultats des tests Covid passés dimanche ».

Famille. « Mon épouse et ma fille sont à mes côtés. Déjà venu en octobre, Andreas va nous rejoindre pour passer les fêtes de fin d’année ensemble. Avec un calendrier encore chargé en décembre, je ne vois pas quand je pourrais rentrer au pays. De toute façon, il fait entre 20 et 24° ici… »

F.Mi.

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