La déconstruction de Chertal pourrait démarrer cet été

L’enquête publique démarrera le 23 janvier.
L’enquête publique démarrera le 23 janvier. - D.R

C’est une bonne nouvelle qu’a annoncé Willy Borsus, lors d’une commission qui s’est tenue cette semaine, au Parlement wallon. Questionné par le député Mauro Lenzini, le ministre de l’économie a annoncé qu’ ArcelorMittal venait de déposer une demande de permis en vue de déconstruire le site de Chertal. Le dossier, jugé complet et recevable, fera l’objet d’une enquête publique organisée à Oupeye et Herstal. Celle-ci démarrera le 23 janvier prochain, pour une durée de 15 jours. « La demande vise en effet la déconstruction de tous les bâtiments et infrastructures hors sol du site de façon à permettre la finalisation des études de sol préalables à l’élaboration d’un plan d’assainissement », a précisé le ministre en commission. Un désamiantage de certains bâtiments sera également opéré avant leur démolition. Si la procédure suit son cours sans problème, les travaux pourraient démarrer cet été pour une durée maximale de trois ans.

Des doutes

A l’arrêt depuis 2011 et deux ans après la levée de sa mise sous cocon, cette étape essentielle était attendue avec impatience par certains, en particulier par Serge Fillot, bourgmestre d’Oupeye. Le site de Chertal se trouve en effet quasiment dans son entièreté sur sa commune. Néanmoins, cette demande l’inquiète. « Je suis soucieux de l’incidence sur l’environnement que pourrait avoir la déconstruction. Or, la demande de permis ne comporte pas d’étude d’incidences (elle n’est pas obligatoire, NDLR). Il y a bien une notice d’évaluation des incidences sur l’environnement mais elle est réalisée par ArcelorMittal alors qu’une étude d’incidences est faite par un bureau indépendant. Alors je ne dis pas que cette notice est mal faite, mais comme c’est Arcelor qui l’a faite, j’ai une confiance toute relative. On va donc l’analyser et on pourrait demander la réalisation d’une étude d’incidences. J’ai bien compris que la Région voulait enfin aller vite dans ce dossier, mais il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Les Oupeyens ont déjà subi les nuisances de Chertal et je veux m’assurer qu’il n’y aura pas de problème. Je veux donc un maximum de garanties. Et si on introduit des éléments de doutes par des manquements, je pense que ça n’ira pas. Et je rappelle que réaliser une étude d’incidences permettrait à la Région wallonne d’avoir des garanties. A l’heure actuelle, elle n’est toujours pas propriétaire du bien via la Sogepa. Je n’ai pas envie qu’Arcelor déconstruise et dise après « on ne vend plus ». Et surtout, je ne veux pas vivre un « Trilogiport n°2 » avec des recours et 15 ans de labeur ».

Serge Fillot sera donc très attentif à l’instruction de cette demande de permis et aux décisions prises. Si la déconstruction devrait démarrer cet été, on saura aussi à cette période quels sont les grands axes qui ont été retenus pour la reconversion de ces 200 hectares. Le master plan doit en effet être finalisé pour le mois de juin.

Aurélie Drion

Un impact sur les finances communales

Actuellement, le site de Chertal rapporte à la commune d’Oupeye près d’un million d’euros par an en précompte immobilier. Une somme conséquente dont la commune devra se passer à un moment donné. Quand ? Dès le début de la démolition ou une fois celle-ci terminée ? « On ne sait pas vraiment, on attend la réponse de l’administration fiscale, précise Serge Fillot. « Nous sommes donc très prudents et essayons d’anticiper au mieux. » Dans sa réponse, Willy Borsus a néanmoins apporté une précision « Concernant la question de la réévaluation cadastrale, l’éventuelle demande ne pourra, m’indique-t-on, n’être introduite qu’à l’issue des travaux menant à cette demande de réévaluation. Dans le cas présent, elle ne pourrait donc être sollicitée, m’indique-t-on, puisqu’on n’est pas là strictement dans mon département, qu’à l’issue de la déconstruction. »

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