Fête à la Boverie: le difficile point d’équilibre envers cette jeunesse sacrifiée

Fête à la Boverie: le difficile point d’équilibre envers cette jeunesse sacrifiée

La scène d’un parc de la Boverie littéralement envahi par des centaines voire des milliers de jeunes ce mercredi soir a suscité une vague de réactions. Le fait n’est pas unique : avec les températures de ces derniers jours, ces rassemblements ont eu tendance à se multiplier. Autorisé ? Non. Compréhensible ? À coup sûr. Une bonne idée ? Pas vraiment.

Garder les parcs publics accessibles à tous est un choix politique fort assumé par les autorités liégeoises. Un choix de bon sens, est-on tenté d’écrire. Pour quelles raisons les familles citadines, dont certaines vivent sans balcon, terrasse ni jardin, n’auraient-elles pas le droit de se promener au calme, dans un cadre agréable ? Il n’y en a aucune.

Les rassemblements festifs sont par contre tout autre chose. On ne va pas se mentir, il n’y a rien de raisonnable là-dedans. La (très) maigre consolation sera de se dire que c’était en extérieur. Pour un minimum de mesures sanitaires, on repassera. C’était plutôt grosse fête, musique, danse, embrassades et boissons. Il y a quelque chose d’extrêmement frustrant à cela. Pour tous ceux qui font un minimum attention, afin de préserver leurs familles ou leur activité professionnelle. Pour tous ceux qui s’autorisent quelques largesses avec la fameuse bulle tout en restant un minimum responsables. Il serait donc de prime abord facile de blâmer ces jeunes. Et peut-être même faut-il en partie le faire. Car à nouveau : il y a une marge entre s’asseoir dans un parc avec trois-quatre amis, « craquer une canette », mettre sa musique et discuter d’une part, et déplacer le Carré ou les Ardentes à la Boverie d’autre part.

Il n’en reste pas moins que ces excès ne doivent pas nous faire oublier qu’ils ne sont que la traduction d’un mal-être bien plus profond de cette jeunesse privée de tout. De ses cours en présentiel, de ses activités sportives collectives, de ses terrasses, de ses fêtes, de ses amis. Bref, de tout ce qui fait que cette période d’insouciance forgera leur vie de demain. Le juste milieu à trouver entre le « tout laisser-faire » et le « rien autorisé » pour notre jeunesse sacrifiée est un point d’équilibre difficile à atteindre. On compte aussi sur elle pour y aider.

PS : Par contre, laisser le parc en dépotoir géant, c’est « no pasaran » !

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