Des détenus demandent en justice à pouvoir accéder à une e-plateforme d’enseignement

Des détenus demandent en justice à pouvoir accéder à une e-plateforme d’enseignement
Belga

D’après les plaignants, il est impossible de poursuivre avec succès des études sans avoir accès à une telle plateforme. La manière dont ils étudiaient jusqu’à présent, avec des cours dispensés en prison, serait dépassée. En raison notamment de la pandémie, de nombreux supports de cours ne sont plus disponibles qu’en ligne et les détenus n’ont pas accès à ces sites.

Certains détenus vont parfois assez loin pour obtenir leur matériel pédagogique, raconte Me Jos Vander Velpen, l’avocat des plaignants. «L’un d’entre eux a convaincu un élève d’enregistrer chaque leçon. Gravées sur un DVD, ces leçons sont ensuite apportées à la prison, où elles sont d’abord vérifiées par le personnel. Environ deux mois après la leçon, le détenu peut alors regarder sa leçon», explique-t-il. «Les autres n’ont pas ça.»

Les détenus avaient déjà tenté précédemment d’introduire l’enseignement en ligne dans la prison mais, selon eux, le ministère de la Justice a fait traîner les choses en longueur car cela ne serait pas sûr et l’infrastructure serait financièrement inabordable. L’intervention nécessaire est pourtant minime, à entendre l’avocat Vander Velpen : «Les ordinateurs de la salle informatique existante peuvent gérer Toledo. Seul le pare-feu de l’internet de la prison doit permettre la connexion avec Toledo.»

Le tribunal devra d’abord décider si l’internet en prison est un droit fondamental. Cela n’a pas encore été établi dans le contexte de l’enseignement. «Un accès limité à l’internet devrait être possible, s’il est sûr et contrôlé», estime Me Vander Velpen. Ensuite, le juge devra se prononcer sur la faisabilité sur le plan technique.

Ce dernier a demandé aux parties d’apporter des informations supplémentaires sur cette question pour l’audience du 21 septembre. Comme il s’agit de la première affaire en la matière, la décision du juge aura des conséquences importantes. Par conséquent, le tribunal souhaite être informé de manière approfondie.

Sollicitée, l’administration pénitentiaire n’a pas souhaité faire de commentaires sur un procès en cours. Sa porte-parole Kathleen Van De Vijver a cependant souligné les tentatives du système pénitentiaire pour permettre l’enseignement en prison.

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