La Région wallonne refuse la mise en régie du Domaine de Chevetogne

La Région wallonne refuse la mise en régie du Domaine de Chevetogne
D.R.

La Région wallonne n’approuve pas la création de la régie publique autonome «Le Domaine Provincial de Chevetogne», telle que votée par le conseil provincial de Namur, communique vendredi la CGSP Admi.

Le verdict de l’arrêté, notifié le 22 juillet et signé du ministre wallon des Pouvoirs locaux Christophe Collignon, est «sans appel: la régie autonome ne peut être mise sur pied en l’état actuel», s’est réjouie la CGSP, qui avait introduit un recours contre cette «mise en régie». La délibération de la tutelle régionale est, selon le secrétaire interrégional de la CGSP Admi Bertrand André, «cinglante de considérations rejoignant complètement les inquiétudes de notre organisation syndicale quant à la création de cette régie».

Geneviève Lazaron, la députée provinciale.
Geneviève Lazaron, la députée provinciale. - V.L.

Le document de 6 pages conclut notamment que la résolution du conseil provincial «ne respecte pas le devoir de minutie et est contraire au principe de bonne administration».

« Sévérité de la délibération »

La députée provinciale en charge du Domaine de Chevetogne, Geneviève Lazaron, contactée par l’agence Belga, se dit surprise par la sévérité de la délibération. «Nous nous sommes entourés d’un bureau d’avocats spécialisé pour rédiger ces statuts et notre direction générale a eu contact avec la tutelle», a-t-elle indiqué.

«Cette décision de la tutelle, c’est décevant. Elle a été instruite selon les éléments des recours qui ont été introduits alors que la mise sous tutelle a été adoptée par tous les partis sauf un, que la concertation syndicale n’a pas manqué et que cette mise en régie est conforme à la déclaration de politique provinciale validée en début de législature», a pour sa part souligné le député président chargé des Finances, Jean-Marc Van Espen.

Suite à la décision régionale de faire porter progressivement et d’ici à 2024 la totalité du financement des zones de secours aux provinces, celle de Namur a entrepris une restructuration de ses services.

En septembre dernier, la majorité a dans la foulée annoncé la mise en régie du domaine provincial de Chevetogne pour le 1er janvier 2022. D’emblée, le personnel s’est inquiété de son avenir. Et le directeur du domaine Bruno Belvaux des moyens qui ne permettraient pas à Chevetogne de poursuivre ses missions.

Toujours les moyens de fonctionner

«On nous fait un mauvais procès. Nous donnerons toujours les moyens à Chevetogne de fonctionner. Mais nous considérons qu’il sera plus facile de gérer le domaine via une régie. Cela permet des partenariats, cela implique un gain de temps et l’économie de lourdeurs administratives», a précisé M. Van Espen.

Dans le passé, la province de Namur avait déjà mis en régie publique l’hôtel restaurant pédagogique Le Château de Namur dont elle reste propriétaire. «C’est un autre de nos fleurons et l’expérience a été concluante. Il y avait des pertes et quelques années après, le Château de Namur a pu financer la rénovation de ses chambres sur fonds propres», a cité en exemple M. Van Espen.

Pour avancer dans le dossier, la CGSP estime que le personnel doit recevoir des apaisements et une vision à long terme sereine.

Un collège le 6 août

Devant la position de l’administration wallonne, la députée provinciale fait amende honorable. «Nous avons voulu avancer par étages et aurions peut-être dû attendre que le dossier soit complet, avec les éléments financiers», a-t-elle déclaré. Mme Lazaron se veut encore rassurante. «Evidemment que la province s’engage à donner au Domaine de Chevetogne les moyens de vivre et de garder son personnel.»

Le collège doit se réunir au complet jeudi 6 août pour décider de la suite des opérations. Les tensions restent palpables entre les parties au sein des organes de concertation.

La CGSP demande maintenant à l’autorité provinciale «d’associer aux réflexions» tous les partenaires dans ce dossier. Une position qui n’est pas rejetée par la députée provinciale Geneviève Lazaron.

De son côté, le député-président Jean-Marc Van Espen souhaite maintenir la date du 1er janvier, «avec éventuellement une période tampon».

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