La peau de Keri «accro» aux crèmes pour traiter l’eczéma

La peau de Keri en juin 2019, et un an après en juin 2020.
La peau de Keri en juin 2019, et un an après en juin 2020. - Instagram

Des démangeaisons et des plaques qui s’étendent sur tout le corps. Keri Campbell, une canadienne de 23 ans, souffre d’eczéma depuis ses huit ans. Pour apaiser ses symptômes, son médecin généraliste lui prescrit des crèmes, mais les irritations reviennent en permanence. Pire, elles se sont aggravées. Après des années de traitement, elle se rend compte que sa peau est devenue dépendante à la crème. Son sevrage a été « un cauchemar absolu ». La douleur était si forte qu’elle a tenté de mettre fin à sa vie. Elle documente sur Instagram son combat de 10 mois, montrant comment sa peau a souffert de l’arrêt de l’utilisation de la crème.

Insomnies, lésions nerveuses, douleurs et pertes de cheveux extrêmes… La crème utilisée par Keri pour soigner son eczéma lui a provoqué des symptômes bien plus graves. La douleur était devenue insoutenable. Au point que la jeune femme a pensé au pire : « Je savais que ça n’allait pas durer éternellement, mais je ne savais pas quand ça allait se terminer, alors je me suis dit qu’il valait mieux que j’en finisse maintenant, je ne veux pas vivre un autre jour en ressemblant à ça, en me sentant comme ça, en étant pratiquement inutile ».

Plus une seule parcelle de peau sans eczéma

Son calvaire commence à ses huit ans. « Mon médecin de famille m’a tout de suite prescrit une crème aux stéroïdes. Elle m’a dit de l’appliquer deux fois par jour à chaque fois que j’avais une poussée de peau sèche ou squameuse et de l’utiliser jusqu’à ce que la tache disparaisse », raconte-elle. Au fil des années, son eczéma s’est étendu, jusqu’à se répandre sur tout son corps. « Il n’y avait plus une seule parcelle de peau saine en vue. » Keri a voulu comprendre pourquoi son eczéma s’aggravait alors qu’elle utilisait des crèmes prescrites pour traiter son infection.

C’est sur les réseaux sociaux que Keri a trouvé une réponse à son problème. Ces symptômes n’étaient pas ceux d’une poussée d’eczéma, mais d’un sevrage de stéroïdes topiques ou corticostéroïdes, présents dans la crème utilisée par Keri. La jeune canadienne a alors décidé de prendre un tournant radical pour sauver sa peau. « Après quatorze ans d’utilisation presque constante de stéroïdes topiques, j’avais complètement aminci ma peau et provoqué un état encore pire que l’eczéma. » Keri doit supprimer toutes les crèmes qu’elle utilise depuis 14 ans. Elle décrit le sevrage comme « un cauchemar absolu à gérer ». En mars, la douleur est si forte qu’elle quitte son emploi pour une durée totale de quatre mois. Elle doit aussi abandonner ses études d’infirmerie.

L’origine de ses symptômes, souvent appelés « le syndrome de la peau rouge » ne fait pas consensus dans la communauté scientifique. Selon l’Association nationale américaine de l’eczéma, le syndrome de la peau rouge affecte principalement le visage des femmes qui ont utilisé quotidiennement des corticostéroïdes très puissants pendant plus de 12 mois.

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