Mondiaux de cyclisme: c’est le Jour J pour Wout van Aert

Enorme pancarte de favori pour Wout van Aert.
Enorme pancarte de favori pour Wout van Aert. - PN

Le vélo est de retour à la maison. Entre Anvers et Louvain, sur un parcours de 268 kilomètres et un chouïa le long duquel plusieurs centaines de milliers de spectateurs sont attendus ce dimanche, Julian Alaphilippe remettra en jeu le titre mondial conquis il y a un an, à Imola. Les challengers ne manqueront pas, sur un parcours aux inspirations variées, ce qui donne des idées tant aux hommes de classiques qu’aux puncheurs ou sprinters. Wout van Aert, lui, rassemble toutes ces qualités dans un seul organisme, surpuissant, véloce, endurant, hors norme.

Le Campinois, en apparence, ne souffre pas de l’énorme pression qui repose sur ses épaules d’airain, il s’en amuse presque. « On attend beaucoup de moi, je le sais, c’est une réelle source de motivation », estime le leader unique de l’équipe belge, qui sera porté par tout un peuple dans ses efforts, sur ces circuits où il faudra sans cesse lutter pour sa position, relancer à la sortie des nombreux virages. Neuf ans déjà que la Belgique du vélo n’a plus frissonné sous l’arc-en-ciel (Philippe Gilbert à Valkenburg, en 2012).

Il faut remonter bien plus loin encore pour voir un Belge s’imposer « à domicile » (Benoni Beheyt en 1963, à Renaix). Une éternité pour le pays-berceau de la compétition cycliste, qui a conquis 26 titres en un siècle de championnats mondiaux (88 éditions). Van Aert, appuyé par Evenepoel et Stuyven, a tous les atouts en lui pour stopper ces périodes de latence : une forme physique très pointue (il a survolé le dernier Tour de Grande-Bretagne), une quiétude mentale (il sait que tout le Team Belgique se mettra à plat ventre pour lui) et une soif de revanche, après la médaille d’argent, la énième, qui a ponctué son effort contre le chrono dimanche dernier (seulement dominé par Filippo Ganna). Outre Julian Alaphilippe, jamais pris en défaut de générosité pour honorer son statut de champion du monde ces douze derniers mois, qui peut donner du tourment à l’équipe belge ? Sonny Colbrelli sans aucun doute.

Récent champion d’Europe après avoir dominé le Tour du Benelux, le Lombard est dans la forme de sa vie, au point de mettre toute la Squadra Azzura (Trentin, Ulissi) en file derrière lui. Le talent intrinsèque de Mathieu van der Poel suffit à le placer sur une liste de dangereux outsiders, même si le Néerlandais a longtemps souffert du dos après sa spectaculaire chute en VTT lors des JO de Tokyo (il a remporté l’Antwerp Port Epic pour sa rentrée). Dans les box des équipes, il paraît que l’info circule : les Danois ont passé un pacte de solidarité entre eux. Ils sont cinq (Mads Pedersen, Michael Valgren, Magnus Cort-Nielsen, Kasper Asgreen et Mikkel Honoré) à revendiquer le leadership dans le groupe, soit plus que le nombre d’équipiers ! Mais l’amitié entre ces coureurs gomme les égoïsmes, la « Danish Connection » pourrait faire la différence. N’oublions pas Peter Sagan, seul coureur qui a aligné trois titres mondiaux consécutifs et peut retrouver sa grinta sur des routes flandriennes qui l’ont toujours inspiré.

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