Le Flémallois Sami aux assises mercredi pour sa haine sur Facebook envers les femmes

«Les femmes sont mes ennemis», avait dit Sami Haenen.
«Les femmes sont mes ennemis», avait dit Sami Haenen. - L.W.

La cour d’assises de Liège entamera mercredi à 14h00 le procès de Sami Haenen, un Flémallois âgé de 32 ans poursuivi pour des faits assimilés à un délit de presse. L’accusé avait proféré des menaces d’attentat à l’égard des femmes ou des féministes et avait incité à la haine ou à la violence envers les femmes. Le procès débutera par la constitution du jury.

Les faits reprochés à Sami Haenen s’étaient déroulés entre le 12 et le 19 octobre 2020. Ils avaient notamment été dénoncés par Interpol Paris, qui signalait qu’un Belge avait publié sur les réseaux sociaux des messages haineux et une vidéo indiquant qu’il serait « le nouveau Elliot Rodgers ».

Elliot Rodgers est l’auteur d’une tuerie de masse commise en 2014 en Californie, au cours de laquelle six personnes furent tuées et quatorze autres blessées.

Deux autres personnes avaient dénoncé des faits de menaces dans des publications où l’auteur, dissimulé sous un pseudonyme, affichait une haine viscérale envers les femmes et les féministes.

Sami Haenen fréquentait les réseaux sociaux Facebook, Twitter et Bittube. Il utilisait des pseudonymes comme « Mike Dubois » et « Sammy d’Arabie ». Il avait été identifié grâce à ses publications. Lors de la perquisition à son domicile, les policiers l’ont maîtrisé par la force, car il les a reçus en position de combat et armé d’une batte de baseball.

Dans trois publications écrites, il décrivait l’augmentation de sa haine à l’égard des féministes ou de leurs défenseurs et menaçait de devenir « le nouveau Elliot Rodgers ». Il décrivait les femmes comme ses ennemies et comme responsables de sa misère sexuelle et affective.

Dans une séquence vidéo de 85 secondes, il menaçait de s’en prendre aux femmes avec une batte de base-ball. Sami Haenen affirme combattre le féminisme et se dit prêt à donner sa vie pour combattre le fléau du féminisme.

L’accusé se déclare « Incel », c’est-à-dire célibataire involontaire. Ce néologisme désigne des communautés d’internautes misogynes, dont les membres se définissent comme étant incapables de trouver un partenaire sexuel ou amoureux. Ces communautés promeuvent la misogynie et la violence contre les femmes. Certains « Incels » ont commis des tueries de masse aux Etats-Unis.

Le ministère public, représenté par l’avocat général Brigitte Goblet, reproche trois préventions à Sami Haenen. Avoir menacé d’un attentat par une vidéo publiée sur Facebook les femmes qui le critiquent, avoir incité à la haine ou à la violence envers les femmes sur Facebook via Bittube et avoir menacé les féministes et les femmes d’un attentat par ses écrits sur Twitter.

Le procès de Sami Haenen aura un caractère exceptionnel dans la mesure où il est extrêmement rare que des délits de presse soient poursuivis en cour d’assises, comme le prévoit la constitution.

Sami Haenen sera défendu par Me Alexandre Wilmotte et Me Audrey Lamy. La première audience sera consacrée à la constitution du jury. Les débats au fond débuteront le lundi 11 octobre à 09h00. Le procès devait durer trois jours.

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