L’avocate générale requiert la culpabilité d’Abdelkader Bouajaja pour meurtre

Leïla Zahiri, la victime.
Leïla Zahiri, la victime. - D.R.

« Leïla Zahiri ne s’attendait certainement pas à mourir cette soirée-là, dans des conditions aussi atroces et inhumaines, et c’est à Abdelkader Bouajaja qu’elle le doit », a déclaré l’avocate générale, mardi, devant la cour d’assises de Bruxelles, requérant la culpabilité pour meurtre. Abdelkader Bouajaja, âgé de 49 ans, est accusé d’avoir tué sa petite amie, Leïla Zahiri, à Molenbeek-Saint-Jean, le 3 septembre 2019.

« Bien qu’il dise ne pas se souvenir, les faits peuvent être imputés à l’accusé de manière suffisamment certaine », a affirmé l’avocate générale. Elle a rappelé à l’attention des jurés tous les éléments matériels à charge de l’accusé, à commencer par ses aveux partiels, et certains témoignages.

« Vous pouvez aussi vous appuyer sur les constatations de la descente de police. Il n’y avait pas de trace de lutte, mis à part un coup dans la vitre de la taque de cuisson de la cuisine. Il y avait des cannettes de boisson alcoolisée et des bidons d’eau de javel. Je rappelle que le médecin légiste a relevé une blessure au doigt sur l’accusé, qui était blanchie, donc compatible avec une macération dans un produit corrosif tel que l’eau de javel », a exposé la magistrate.

« L’ADN de l’accusé a aussi été relevé sur le manche du couteau qu’il avait emporté et caché dans sa cave. C’est bien l’arme du crime », a-t-elle ajouté.

Concernant le contexte des faits, l’avocate générale a évoqué des « rapports pas toujours au beau fixe » entre l’accusé et la victime, ainsi que d’une « relation toxique, faite de consommation abusive d’alcool et de drogue ».

Le 4 septembre 2019 vers 10h, le corps sans vie de Leïla Zahiri, une mère de trois enfants âgée de 51 ans, avait été découvert dans son appartement situé rue du Korenbeek à Molenbeek-Saint-Jean. Le propriétaire du logement avait trouvé la victime poignardée dans sa salle de bains. Il était venu la voir après que des voisins lui avaient signalé une fuite d’eau provenant de l’appartement de la victime.

Celle-ci avait été retrouvée sans vie dans sa douche, le corps trempé de l’eau qui coulait et imbibé d’eau de javel. Elle présentait des traces de strangulation par lien autour du cou. Elle avait également reçu une trentaine de coups de couteau dans le thorax, et un important hématome était visible au niveau de sa mâchoire.

L’enquête s’était très rapidement dirigée vers l’accusé, Abdelkader Bouajaja, un commis de cuisine âgé de 49 ans, qui entretenait une relation amoureuse avec la victime. Il a déclaré qu’il était arrivé chez Leïla Zahiri le 3 septembre 2019 vers 17h et qu’une dispute avait très vite éclaté entre eux. Il a affirmé que la victime avait tenté de le frapper avec une clé, puis avec un couteau, mais qu’il avait réussi à la désarmer puis qu’il lui avait asséné deux coups de couteau. Il a précisé qu’il ne se rappelait pas exactement du déroulé des faits, car il était sous l’influence de cocaïne et d’alcool.

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