Sortie du nucléaire: deux nouvelles unités de production retenues

Chris Peeters
Chris Peeters - Belga

Le CRM a été mis en place pour permettre la sortie du nucléaire en 2025. Il repose sur un système d’enchères qui doivent permettre d’obtenir une capacité de production d’électricité suffisante afin de garantir la sécurité d’approvisionnement du pays.

La première enchère a livré ses résultats pour l’année de livraison 2025-2026. Les acteurs traditionnels et de nouveaux acteurs du marché y ont participé et 40 projets ont été retenus. Ensemble, ils représentent une capacité de 4.447,7 MW. Des unités existantes s’y trouvent à concurrence de 56 %, des batteries pour 1 %, la gestion de la demande pour 7 % ainsi que deux nouvelles unités pour 36 %, soit les unités de Vilvorde et des Awirs (Liège) qui fourniront respectivement 796,25 MW et 805,35 MW et bénéficieront d’un contrat de 15 ans.

Le prix moyen pondéré des offres sélectionnées est de 31.671,57 euros par MW par an, précise encore Elia. En 2024, une seconde enchère sera organisée pour l’année de livraison 2025-2026.

La Commission de Régulation de l’Électricité et du Gaz (Creg) a validé la première enchère, a indiqué le CEO d’Elia, Chris Peeters, au cours d’une conférence de presse aux côtés de la ministre de l’Énergie, Tinne Van der Straeten. Celle-ci doit remettre dans le courant de novembre un rapport sur la sécurité d’approvisionnement et l’impact sur les prix de l’électricité.

« Plus de projets que nécessaire »

« Les conditions des enchères sont remplies. Il y a plus de projets qui ont été soumis que ce qui était nécessaire, ce qui permet d’arriver à un prix plus bas. Il y a un minimum de gaz et un maximum de technologie comme les batteries et la gestion de la demande », a expliqué Mme Van der Straeten.

À ses yeux, le nombre de projets rentrés montre en outre l’intérêt des grands acteurs énergétiques et industriels d’investir dans la transition énergétique.

Les deux nouveaux projets de centrale au gaz devront recevoir un permis ou voir celui-ci validé par le rejet des recours au Conseil d’État. À Vilvorde, la députation du Brabant flamand a refusé l’autorisation. La balle est maintenant dans le camp du gouvernement flamand. « La sécurité d’approvisionnement est une responsabilité partagée », a fait remarquer la ministre.

Un délai de quatre ans s’ouvre pour mettre en œuvre les projets. Chaque trimestre, Elia et la Creg évalueront l’état d’avancement de ceux-ci. « J’ai confiance », a toutefois précisé Mme Van der Straeten, en soulignant qu’une éventuelle prolongation de deux réacteurs nucléaires, qui fait l’objet d’un âpre débat politique, impliquerait elle aussi de franchir des étapes juridiques difficiles.

Cette question devra être tranchée d’ici la fin du mois sur la base du rapport que fournira la ministre. Mme Van der Straeten ne s’est pas avancée dimanche sur l’issue de la procédure. Aux yeux du patron d’Elia toutefois, la garantie de sécurité d’approvisionnement du pays « est en bonne voie ».

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