De condamné à perpétuité à dealer de coke!

Philippe Gonda.
Philippe Gonda. - Belga

À la suite de la vaste opération policière baptisée « Pharmaceutica » qui a été menée sous la houlette du parquet fédéral en date du lundi 18 octobre dernier en Province de Liège pour démanteler une organisation criminelle active dans le trafic de cocaïne, un truand verviétois déjà fort bien connu, Philippe Gonda, 57 ans, a fait son retour derrière les barreaux. L’homme, en libération conditionnelle depuis 2013, a déjà passé la moitié de sa vie en prison après avoir - pour rappel - été condamné deux fois à la perpétuité. Une première fois pour avoir tué un gendarme lors de son évasion de la prison de Huy en 1986 et une seconde fois pour avoir causé la mort de son otage, un gardien de prison, lors de son évasion de la prison de Lantin en 1992.

Des autocollants…

Philippe Gonda est cette fois suspecté de s’être reconverti en dealer de cocaïne, lui qui a des problèmes de cœur et bénéficie du chômage. Selon nos informations, voici les indices qui pèsent contre lui : Philippe Gonda a été observé en train de monter à bord de la voiture du présumé boss de l’organisation criminelle, Driss, un Liégeois de 42 ans, ainsi que lors d’une présumée vente de cocaïne à la kermesse de Dolhain et lors d’un présumé achat de cocaïne à Genk. À cela s’ajoute le fait que des autocollants - de logo de marques comme Mercedes, etc. - similaires à ceux retrouvés sur des pains de cocaïne saisis chez d’autres suspects ont été retrouvés en sa possession lors de la perquisition de son domicile.

« C’est un dossier qui a démarré il y a plus de trois ans et le premier procès-verbal qui parle de mon client remonte au 15 septembre 2021. Les éléments à l’encontre de mon client qui figurent dans le dossier sont à mon sens relativement minces », commente l’avocat de Philippe Gonda, Me Jérôme Cochart.

Sur la voiture du présumé boss à bord de laquelle Philippe Gonda serait monté ? « Les descriptions ne permettent pas dire à 100 % qu’il s’agit de mon client ». Sur la présumée vente de cocaïne lors de la kermesse de Dolhain ? « Il ne va pas aux fêtes foraines, ce n’est pas son truc ». Sur son présumé achat de cocaïne à Genk ? « C’était pour des travaux de carrelage chez un ami ». Et sur les fameux autocollants retrouvés chez lui ? « Il ne se l’explique pas, il n’a pas d’explication à donner », répond Me Jérôme Cochart.

« Victime de son casier »

« M. Gonda est assez confiant parce qu’il sait très bien qu’il n’a rien à voir avec cette affaire. Il met au défi le juge d’instruction de lui trouver une quelconque implication dans ce trafic de stupéfiants. M. Gonda est malheureusement victime de son casier judiciaire relativement lourd. C’est d’ailleurs pour cela que le parquet fédéral a fait appel de sa détention préventive sous surveillance électronique en estimant que c’était incompréhensible qu’un homme de sa trempe ne soit pas en prison pure », poursuit l’avocat.

« Or, c’est un homme qui essaie de se réhabiliter dans la société, qui s’occupe de ses enfants, une fille de 21 ans et un fils de 13 ans dont il a la garde. C’est lui qui s’occupe de son fils parce que la maman est malade. La situation l’enrage parce qu’il est en détention entre guillemets pour rien vu qu’il n’a rien à se reprocher alors que son fils a besoin de lui », souligne Me Jérôme Cochart.

D. H.

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