Valérie Glatigny: «J’ai adoré faire mon baptême mais on peut faire la fête autrement»

«Il faut consommer avec modération.»
«Il faut consommer avec modération.» - D.R.

Elle précise : « J’ai adoré faire mon baptême et je n’ai rien contre les baptêmes, mais il y a moyen de faire la fête autrement. On peut se dépasser et intégrer ce rituel de passage à l’âge adulte sans aller jusqu’au black-out. On peut le faire par exemple avec des éléments plus folkloriques et plus drôles. »

Inquiète ?

« Il faut attirer l’attention des jeunes sur les dangers de l’alcool. Le nombre de black-out qu’un jeune va subir a un impact direct sur le cerveau. C’est un peu comme les KO dans la boxe. L’alcool est partout et il faut garder une certaine mesure. Je veux rappeler que ces incidents dans les baptêmes ne sont pas une fatalité »

Que pouvez-vous faire ?

« Je vais mettre en place une conférence avec de nombreux acteurs : les responsables des cercles étudiants dont la plupart font très bien leur job, les responsables académiques, les bourgmestres, les unifs, les hautes écoles, des experts psychosociaux… Je veux aussi travailler sur l’effet de groupe. Il existe une charte depuis 2020. Elle va être actualisée par rapport aux violences sexuelles et à la lutte contre les discriminations. »

Que faire de plus ?

« Je rappelle que les personnes qui encadrent doivent être sobres. Les délégués dans les cercles doivent être mieux informés de l’impact de l’alcool sur le cerveau des jeunes de moins de 23-24 ans. »

Vous voulez lutter contre les mythes aussi ?

« Personne n’apprend à boire dans un baptême. Il faut éduquer à la consommation d’alcool chez les jeunes. »

La réflexion va être étendue au club de sport ? Hockey, foot… ?

« Là aussi, il y a une culture de l’alcool. Nous avons mis en place le décret « éthique » pour lutter contre cela. Dans chaque club, il y a des personnes relais qui doivent faire passer le message. Il y a aussi la charte parents « Fair-play » qui vise à conscientiser les parents à la vie d’un club. »

La buvette zéro alcool ?

« Aujourd’hui, dans notre pays, on doit consommer avec modération. Le binge drinking va à contresens d’une consommation modérée. C’est un puissant psychotrope et il faut une éducation au produit parce que l’alcool enlève le sentiment de limite. J’invite les jeunes à regarder la campagne Univers Santé « guindaille2.0 » ou celle de l’ULB « ça m’saoule » »

Et les alcooliers ?

« Je pense qu’apprendre aux étudiants le respect du produit et d’eux-mêmes est dans l’intérêt de tout le monde et même des vendeurs d’alcool. »

Les unifs toujours ouvertes: «Grâce au masque et à la vaccination»

«La vaccination dans les unifs a bien fonctionné.»
«La vaccination dans les unifs a bien fonctionné.» - Isopix

Beaucoup de malades aujourd’hui ?

« Nous avons des étudiants et des professeurs malades comme dans le reste de la société, mais pas plus. »

Vous craignez encore une fermeture des auditoires ?

« Le virus nous a appris à être humbles et nous continuons à monitorer. Nous restons prudents. Notre volonté est de garder le présentiel jusqu’au bout avec le port du masque, les gestes barrières et la vaccination. D’ailleurs, la vaccination dans les unifs a bien fonctionné grâce aux partenariats avec les Régions. Nous avons même eu des gens, qui n’étaient pas étudiants, qui se sont vaccinés sur nos campus. »

Trop de monde dans les unifs ?

« Nous sommes victimes de notre succès. C’est important parce qu’on connaît l’importance d’un diplôme pour l’avenir professionnel, mais cela pose des défis budgétaires et organisationnels. Nous avons dégagé 50 millions en plus cette année et on arrivera à 80 millions en 2024. J’ai conscience que certains acteurs espéraient plus. »

Un effort particulier ?

« Nous voulons améliorer l’encadrement. C’est une priorité surtout pour les étudiants en difficulté. On a prévu 6 millions supplémentaires chaque année pour les aides à la réussite. On doit être attentif aux étudiants qui viennent d’écoles de niveaux différents. »

Vous voulez travailler sur l’orientation ?

« On veut mieux identifier les faiblesses des étudiants. Aujourd’hui trop d’étudiants sortent sans diplôme. Je veux mieux structurer le début du parcours des étudiants avec les 60 premiers crédits à réussir. C’est le chantier du décret paysage. On tient aussi à mieux orienter les étudiants vers d’autres filières. »

Et la formation des enseignants ?

« On veut les soutenir. Ils vont avoir une meilleure formation. En 2026, nous allons avoir mécaniquement un problème de pénurie exacerbée, mais nous faisons le pari que les étudiants qui vont sortir avec un stage plus long seront mieux à même d’entrer dans le métier et d’y rester. »

V.Li.

Violence dans les stades: «Il faut une meilleure prévention»

Violence dans les stades: «Il faut une meilleure prévention»
Photonews

- Comment cela se passe dans les IPPJ (centre fermé pour jeunes) : « Nous avons des nouveaux défis avec l’accueil des MENA. Nous avons heureusement pu vacciner rapidement les éducateurs de l’aide à la jeunesse grâce à une bonne communication entre les ministres de la santé. »

- La violence dans les stades : « Les clubs peuvent compter sur le décret « éthique » : ils doivent avoir un référent pour la violence, le harcèlement, les violences sexuelles, la pression sur un arbitre… Le décret est passé au Parlement. S’il y a un problème de maltraitance infantile, on peut s’adresser à un organisme comme Yapaka, même chose pour les violences sexuelles. Il y a aussi Unia qui peut aider les victimes de racisme… Le référent « éthique » de chaque club doit pouvoir fournir des renseignements adaptés. »

- L’excellence dans le sport ? « Nous travaillons sur plusieurs niveaux : avec le projet BeGold ou pour les JO où nous avons mis aussi 1,5 million pour le défi de Paris 2024. Nous avions développé un plan de détection « jeunes talents » pour le foot (1,2 million par an) et nous l’avons étendu à d’autres sports (hockey, basket, volley…) pour 1,2 million aussi. »

V.Li.

Quota des médecins: «Mieux tenir compte de la qualité des soins»

Aura-t-on plus de médecins dans les années à venir ?

« Nous travaillons au début d’une solution avec la commission de planification et notamment au niveau des sous-quotas. Ce qui convient de faire, c’est une cartographie des besoins sur le terrain. Surtout à la fin d’une crise sanitaire où des généralistes et des spécialistes sont montés au front. Je viens de la province de Luxembourg et je sais qu’il n’y a pas la même capacité médicale partout. On doit mener une analyse en profondeur en tenant compte des actifs, des inactifs… province par province. Notre outil va être précis et va nourrir l’organe interfédéral qui doit être créé. Cela permettra une planification plus précise et cela va sans doute objectiver une pénurie sur le terrain. »

Et que pouvez-vous faire après ?

« Aujourd’hui, nous avons un filtre, l’examen d’entrée. Moins d’un étudiant sur cinq est entré dans le cursus. Pour ma part, je ne suis pas convaincue qu’il faille augmenter le filtre. Je veux avant tout objectiver. Nous laissons entrer 1100-1200 étudiants… et il y a un peu plus de 500 numéros Inami à la sortie. »

Et à l’avenir ?

« Les étudiants doivent disposer de la capacité d’exercer sa profession. Je sais qu’au niveau fédéral, la logique est que la préservation de la sécu dépend d’une régulation de l’offre des médecins. Je pense qu’il y a un élément qu’il faut introduire dans l’équation et que la crise sanitaire a amplifié : l’élément de la qualité des soins au patient. Elle dépend aussi de l’offre de médecins disponibles. C’est un paramètre qu’il faut introduire dans l’équation en tenant en compte des besoins sur le terrain. »

Et les étudiants français ?

« Nous avons utilisé pour la première fois le cliquet. Nous gardons le contrôle. »

Que va-t-il se passer pour le grand hôpital bruxellois ?

« Je suis attentive à toutes les consultations et aux réunions. Nous tenons à la préservation des intérêts de l’hôpital universitaire Erasme et d’une médecine de recherche. Je rappelle que dans tout le pays, les hôpitaux universitaires ont joué un rôle de pointe pendant la crise tant dans les soins que dans la recherche. »

V.LI.

«L’escalade me convenait moins que la natation»

«L’escalade me convenait moins que la natation»
Photonews

-L’escalade, Muriel Sarkany : « J’étais fasciné par cette sportive. J’apprécie beaucoup cette discipline, un sport très complet mais qui me convenait moins que la natation. Ce sport demande beaucoup de concentration. »

-Natation : « J’adore ce sport. J’ai toujours eu la chance d’avoir une très bonne technique. J’ai fait un peu de compétition et j’étais fascinée par Ingrid Lempereur qui a même signé mon bonnet. Mais j’aimais bien aussi mes études. Aujourd’hui, je retrouve le plaisir de la natation. Je déconnecte complètement quand je nage. Un ex-ministre m’avait conseillé de garder du temps pour le sport même quand on est ministre. »

Funambulisme : « J’en ai fait une fois dans une journée team building. C’est très technique et on doit être très concentré. J’ai aimé. Cela nous oblige à être déconnecté de tout le reste. »

-Border Collie : « Je marche ou je cours avec eux le matin et le soir. Je les sors chaque jour. Ce sont des chiens sportifs et intelligents. »

-Le retour de Louis Michel au niveau local : « Il peut toujours apporter quelque chose. La politique est viscérale chez lui et il est animé par l’intérêt commun. Il continue à s’intéresser à tout. C’est une passion pour lui. »

V.Li.

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