Le cdH réclame la mise en place en Belgique d’un «tribunal du Web»

Maxime Prévot, président du cdH.
Maxime Prévot, président du cdH. - Isopix

Insultes, menaces de mort constantes, propos harcelants… « Depuis des mois, les actes de violence à l’égard d’hommes et de femmes élus de la population se multiplient. Des parlementaires et maires en Europe se font assassiner. Des élus sont victimes d’actes d’agression physique ou verbale toutes les semaines », ont rappelé les centristes dans un communiqué.

« Au-delà des élus, trop de jeunes, d’adultes gravement touchés dans leur vie, dans leur intimité, en arrivent à poser des actes irréparables, jusqu’au suicide, suite entre autres à des attaques proférées sur les réseaux sociaux », ajoutent les humanistes.

Ils réclament une batterie de mesures pour endiguer ces violences, sans nuire au caractère contradictoire du débat politique, « essence même de la démocratie ».

Ainsi, « la parole haineuse sur internet ne doit plus être un délit de presse relevant de la cour d’assises mais doit être correctionnalisée, sans quoi il existe de facto une impunité totale ». La convocation d’une cour d’assises pour des délits de presse est extrêmement rare en Belgique, ainsi que coûteuse.

Le cdH réclame aussi une instance judiciaire spécifique, sorte de « Tribunal du Web ». « Si l’espace web est devenu un espace important de démocratie délibérative, il n’existe aucune balise ou presque. Pour que l’outil web reste un support à la démocratie, il faut aussi pouvoir le réguler. Nous demandons au ministre de la Justice de développer une politique volontariste en la matière », indique le parti d’opposition.

En outre, « le dépôt de plainte lorsque l’on excède le simple usage de la liberté d’expression pour se complaire dans la liberté de diffamation ou l’appel à la violence doit faire l’objet d’une réaction plus rapide et efficace. »

Enfin, exhorte le cdH, l’Union européenne doit « s’attaquer intensivement à la question délicate des algorithmes des réseaux sociaux qui confrontent les individus à la même opinion qu’eux-mêmes, sans plus de capacité de discernement ou de mise en perspective ».

Le cdH a, par ailleurs, rédigé un code de conduite de l’utilisation du web par le monde politique. Il le soumettra aux autres partis afin de dégager un éventuel consensus.

Ce week-end, Pascal Arimont, partisan notoire de la vaccination obligatoire, a vu sa façade recouverte d’inscriptions menaçantes, et un cocktail Molotov a été jeté « au pied des chambres de ses enfants ». Le président du Parlement européen, David Sassoli, l’a assuré du soutien de l’institution dans son ensemble et a vivement condamné cette agression.

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