Comment la D1B est devenue attrayante

L’Excel a démarré l’année avec un bilan d’1/6.
L’Excel a démarré l’année avec un bilan d’1/6. - Belga/Laurie Dieffembacq.

C’est peut-être avec l’envie d’envoyer un message, de minimiser les différences dans un monde globalement professionnalisé, que la D1B a été renommé de cette façon en 2016. La Proximus League ne serait pas une ligue bien inférieure à la Jupiler Pro League, la D1A, mais plutôt son réservoir, où les prochains talents de l’élite y construisent leur avenir. Dans un championnat offrant certains atouts, le rapprochant finalement de son grand frère.

Si elle remplit son rôle d’antichambre de la D1A, la D1B accueille aussi les cœurs meurtris en quête d’un nouveau départ et les vieux briscards qui n’ont plus grand-chose à prouver, du moins à eux-mêmes. C’est le cas d’Igor De Camargo, venu « boucler la boucle » au RWDM après une carrière à rallonge (369 matches en D1A), et de Guillaume Gillet, désireux d’utiliser son expérience à Waasland-Beveren pour faire remonter le club flandrien.

C’est le cas, aussi, dans un autre registre, pour Kylian Hazard, Obbi Oulare (RWDM) ou encore Eric Ocansey (Waasland-Beveren), qui trouveront peut-être dans cet univers parallèle, impitoyable aussi parfois, la force de rebondir.

1 Non, le niveau de la D1B n’est pas beaucoup plus bas que celui de la D1A

Car la D1B est loin d’être un cimetière d’éléphants, tant pour les anciens joueurs de l’élite qui ont décidé de faire un pas en arrière (ou de côté, pour rester dans notre logique) que pour les jeunes qui ne sont qu’aux balbutiements d’un parcours qu’ils espèrent rêvé. « En y regardant de plus près, on s’aperçoit qu’il y a d’ailleurs pas mal de jeunes dans ce championnat (NDLR : 25,2 ans de moyenne d’âge) », souligne Clément Tainmont, 146 matches en D1A, aujourd’hui actif à Mouscron. « Parfois, ce sont des joueurs arrivés à la moitié de leur carrière qui cherchent des certitudes. Trop, ce n’est pas forcément bien et on a pu le constater avec Next Bruges, qui s’est pris quelques raclées… Mais la D1B leur permet de progresser, notamment en termes de maturité. »

D’autant que dans les faits -et ce n’est pas négatif de le penser –, le niveau de la D1B n’est pas si éloigné de celui de la D1A. Il suffit de voir le parcours de l’Union, de OHL et du Beerschot (la saison passée) pour comprendre qu’il ne manque parfois grand-chose pour faire sa place en première division. « Cette saison, le niveau a selon moi baissé », nuance toutefois Clément Tainmont. « Westerlo est au-dessus du lot, mais derrière, aucune équipe ne se démarque. Globalement, c’est un championnat où le jeu est beaucoup plus décousu mais aussi plus physique. » Et ça, c’est aussi une bonne préparation à la Jupiler Pro League, dont la réputation dans ce domaine dépasse aujourd’hui ses frontières. « Ce qui est difficile aussi, c’est le manque d’espaces », ajoute le Hurlu Cristophe Diandy. « Les terrains sont plus petits et les équipes jouent beaucoup plus regroupées. »

2 Il est possible d’y

« travailler » dans des

conditions plus que décentes

Là où la D1B, ex-Division 2, a évolué depuis 2016, c’est qu’elle réunit désormais des équipes qui ont franchi un palier sur le plan professionnel. Le durcissement des conditions d’obtention des licences a mené la vie dure à beaucoup de clubs, mais il a également poussé la plupart de ceux-ci à améliorer leur structure.

Aujourd’hui, vivre décemment de son métier de footballeur est tout à fait compatible avec le choix d’évoluer en D1B, où le salaire moyen tourne autour des 9.000 euros brut par mois. « Je mets d’ailleurs ma main à couper que certains joueurs s’y retrouvent mieux en D1B qu’en D1A », pense Clément Tainmont.

Et puis, il y a, du moins cette saison, des clubs dans lesquels on investit de l’argent, comme le RWDM, Waasland-Beveren ou encore Lommel, et qui donc nourrissent de réelles ambitions. Pour lui, « c’était surtout un choix facile à opérer, surtout lorsqu’on s’y retrouve sur tous les plans », explique Igor De Camargo quant à son retour à Molenbeek. « Sur le plan financier, familial et sportif. Ce choix, je l’ai surtout fait par rapport au projet qui m’a été proposé, celui de faire monter le club. » L’arrivée de John Textor comme actionnaire ayant évidemment boosté ces envies de grandeur.

Ailleurs, de Deinze à Westerlo en passant par le Lierse, les aspirations à un retour ou à une première entrée en D1A sont sensiblement les mêmes. « En tant que joueur, quand on a joué dix, onze ans en D1A, on n’aspire forcément à y retourner rapidement », avoue Cristophe Diandy, coupant court à l’idée d’un joueur qui se complairait, finalement, dans ce sas.

3 Le format a été simplifié

et offre une chance à tous

Depuis deux saisons, la D1B a abandonné un format qui avait fait couler beaucoup d’encre, celui qui ne récompensait finalement pas la meilleure équipe du championnat, en offrant une finale entre deux vainqueurs de tranche. En 2020 (en pleine pandémie), Westerlo, pourtant « vainqueur » de la phase régulière, avait été « floué » au profit de Louvain et du Beerschot. Aujourd’hui, le système semble plus équitable : Westerlo, justement, file vers le titre avec sept points d’avance en tête du classement, tandis que derrière, on se bat à quatre ou cinq pour la place de barragiste.

Cette meilleure lisibilité de notre deuxième division est un frein en moins dans le recrutement. « Un étranger qui voyait ça, huit équipes et un système de montée un peu incompréhensible, ça ne lui donnait pas envie », explique Clément Tainmont. Mais au final, c’est peut-être bête à dire, à partir du moment où vous êtes huit équipes dans la série, il y a forcément plus de chances de monter au niveau supérieur ! « Jouer quatre fois contre le même adversaire, ce n’est par contre pas idéal. Au quatrième match, il es beaucoup plus difficile de surprendre l’équipe en face. »

La saison prochaine, la D1B sera toutefois élargie puisqu’elle intégrera quatre formations U23 pour se composer d’un groupe de douze équipes. Avant la promotion de trois nouvelles équipes issues de Nationale 1, portant le total à quatorze clubs en deuxième division lors de la saison 2023-2024. Pour beaucoup de clubs, cette saison offre donc une opportunité en or de monter d’un échelon : à dix journées de la fin, même Mouscron, sixième à dix points de la deuxième place, peut mathématiquement encore y croire...

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