Les motos bousculent le circuit de Francorchamps (photos)

Les motos bousculent le circuit de Francorchamps (photos)

Jamais le circuit de Francorchamps n’avait connu une telle activité à cette période de l’année. D’abord parce qu’il est traditionnellement fermé de novembre à mars. Ensuite parce que la neige s’y invite régulièrement avec bonheur pendant l’hiver. Rien de tout cela pour le moment, mais plutôt quelque deux cents hommes et une bonne centaine d’engins de chantier lancés dans un impressionnant ballet au rythme duquel le tracé ardennais, qui vient de fêter son centenaire, subit le plus gros lifting de son histoire.

La piste rouverte le 16 mars !

« La date du 16 mars est inscrite en lettre d’or dans mon agenda ! », sourit Elisabeth Guillaume, la directrice technique et travaux du tracé ardennais. « Ce jour-là, la piste devra être rouverte. J’ai heureusement un peu plus de temps pour la réception des nouvelles tribunes, programmée le 30 avril, quelques jours avant la venue du championnat du monde d’endurance autos (WEC). »

Un budget de 50 millions

Le verbe se veut serein, mais la tension est palpable : un budget de 50 millions est engagé par le circuit, couvert par la Sogepa. La moitié, grosso modo, pour les nouvelles infrastructures d’accueil, l’autre pour les aménagements du circuit en vue du retour des motos à Francorchamps, 19 ans après la dernière édition des 24 Heures de Liège (2003). Et au-delà de cet engagement financier inédit en une seule fois, c’est bien sûr la réussite de ce double défi qui génère un brin de stress…

Wathelet : « Le MotoGP, pas avant 2024-2025 »

« On ne parle pas simplement d’une rénovation du Circuit, mais aussi de la création d’une nouvelle atmosphère, » intervient Melchior Wathelet, président du circuit et de Spa Grand Prix. « On aborde une nouvelle partie de l’histoire du circuit. Ce sont de gros investissements, pour la sécurité, pour les spectateurs aussi, et ce après deux années difficiles à cause de la crise sanitaire. Un des objectifs est d’aller vers la MotoGP, mais pas pour l’instant. Nous avons reçu la reconnaissance grade C de la FIM, et c’est une première étape en vue de l’obtention du grade A (pour la MotoGP), pour lequel 30 millions supplémentaires ont été provisionnés. Mais cela dépend aussi du succès de ce que nous entreprenons maintenant, et en particulier de la réussite des 24 Heures de Francorchamps motos. »

Alors que les premiers espoirs d’accueillir le MotoGP se portent « sur 2024 ou 2025 », selon Melchior Wathelet, l’attention va donc se porter sur la première édition du double tour d’horloge motos, programmé les 4 et 5 juin.

Un accord de 10 ans pour l’endurance

« Je suis véritablement bluffé par ce qui se passe pour le moment au circuit », s’est exclamé François Ribeiro, directeur des opérations d’Eurosport Events, promoteur du championnat du monde d’endurance FIM EWC, qui a signé un accord de 10 ans avec le tracé ardennais. « Je n’ai jamais vu ça de ma vie en Asie, aux États-Unis, en Australie, en vingt ans de carrière : un circuit aussi historique face à une rénovation d’une aussi grande ampleur, c’est phénoménal au regard de l’investissement. Le tout en cinq mois, c’est très court. Et c‘est d’autant plus bluffant que toutes ces modifications sont réalisées en accord avec la FIM bien sûr (Fédération internationale motocycliste), mais également la FIA (fédé auto), qui doit répondre des exigences liées à la F1 notamment. »

Échappatoires « mixtes » : graviers et asphalte

Cette dualité se traduit par la réalisation d’échappatoires qui alternent désormais dégagements asphaltés (longtemps prônés par les « caisseux ») et bacs à graviers (dans lesquels les motards « préfèrent » se coucher)… Un double casse-tête que l’on remarque du côté du Raidillon bien sûr (fortement élargi), mais aussi aux Combes et Malmedy, à l’épingle de Bruxelles suivie du « speaker corner » qui proposera un tracé différencié pour les motards et les automobilistes, au Double Gauche, à Blanchimont et enfin à la Chicane, sans oublier la Source dont la sortie proposera également un joli lit de gravier interdisant tout élargissement de la trajectoire. Des travaux encore complétés par la construction d’une toute nouvelle antenne médicale flanquée d’un nouvel héliport, d’une rénovation de la fibre optique et de la sonorisation, et bien sûr de quelques tribunes et autres espaces VIP, à commencer par le majestueux édifice dressé dans le Raidillon, qui pourra accueillir 4.595 places assises et un millier de VIP ! À noter en revanche que les travaux de remplacement de la grande tribune démolie en face des « stands 24 Heures » ne pourront pas être réalisés cette année. Si bien que cet espace entraînera la construction de tribunes provisoire pour le Grand Prix F1. « Mais cela se traduira par un nombre de places assises plus important que d’habitude », fait remarquer Elisabeth Guillaume, qui n’a pas prévu de partir en vacances ces prochaines semaines…

Les photos des travaux

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