Jan Fabre ne fait pas appel de sa condamnation: «Il a maintenant décidé d’accepter»

Jan Fabre ne fait pas appel de sa condamnation: «Il a maintenant décidé d’accepter»

Fin avril dernier, le tribunal correctionnel d’Anvers l’a déclaré coupable de faits de violence, harcèlement, comportement sexuel inapproprié sur le lieu de travail et attentat à la pudeur sur une personne.

L’affaire avait commencé en septembre 2018. Dans la foulée du mouvement #metoo, une lettre ouverte rédigée par une vingtaine de collaboratrices et anciens collaborateurs de sa compagnie Troubleyn faisant état de comportements inadéquats de la part du célèbre artiste avait été publiée dans les médias. Les signataires accusaient Jan Fabre de harcèlement sexuel, d’intimidations, d’abus de pouvoir et de manipulations psychologiques.

« Il a maintenant décidé d’accepter la condamnation du tribunal, même si le jugement prononcé l’affecte grandement », explique son avocate Eline Tritsmans. « Une procédure d’appel raviverait toute la controverse autour de la personne de Jan Fabre, ce que le metteur en scène ne veut pas. L’affaire a déjà duré bien trop longtemps, et les atteintes à la réputation de l’artiste sont irrévocables. Jan Fabre souhaite maintenant avant tout se concentrer avec sa compagnie sur l’art et sur l’avenir. »

Selon l’avocate, la condamnation soulève toutefois « des questions en termes de liberté artistique ». « Avec ce jugement, le tribunal s’immisce sur le terrain de la liberté artistique de l’artiste », explique-t-elle. « Les juges fondent en effet un jugement de culpabilité sur la question de savoir si certaines actions ont une ’valeur artistique’ ou non. La question revient à déterminer jusqu’où un juge peut aller dans l’évaluation d’un processus artistique, et si cet énoncé n’aura pas de conséquences pour d’autres artistes. »

Me Tritsmans souligne par ailleurs que Jan Fabre a le soutien d’un grand nombre de collaborateurs (actuels et anciens) ainsi que d’artistes, et que le procès soulève des questions dans le monde artistique. « Pas moins de 175 (ex-)collaborateurs, ainsi que des collègues des mondes de la danse et du théâtre, ont élaboré une déclaration commune. Ils ne se retrouvent pas dans le portrait qui a été fait de Jan Fabre. » Les signataires se sont rassemblés au sein du collectif ReFrame (www.reframeplatform.com).

Les parties civiles n’ont pas non plus fait appel de la condamnation.

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