«Toutes les femmes et tous les enfants qui pouvaient être rapatriés l’ont été»

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Frédéric Van Leeuw
Frédéric Van Leeuw - Belga

« Toutes les femmes et tous les enfants belges qui pouvaient être rapatriés des camps en Syrie ont été rapatriés en Belgique », a déclaré mardi le procureur fédéral Frédéric Van Leeuw, lors d’une conférence de presse. Depuis le début du conflit en Syrie et en Irak, un total d’environ 140 Belges sont rentrés, a communiqué également l’Organe de Coordination pour l’Analyse de la Menace (OCAM).

Un vol transportant 16 enfants belges, accompagnés de six mères belges, tous provenant du camp d’Al-Roj en Syrie, a atterri dans la nuit de lundi à mardi, à l’aéroport militaire de Melsbroek. Il n’y a désormais plus de femmes ou d’enfants dans ce camp qui peuvent être rapatriés en Belgique. Il y en a peut-être encore dans le camp d’Al-Hol, mais ce camp est inaccessible pour des raisons de sécurité, selon le procureur fédéral.

« Un avion de la Défense a atterri à Melsbroek à 02h00 », a relaté Frédéric Van Leeuw. « Les 16 enfants rapatriés sont tous nés entre 2010 et 2019, l’un d’entre eux étant orphelin de père belge. Ils ont été immédiatement placés sous l’autorité des services de la jeunesse et des parquets de la jeunesse. Après que leur santé physique et psychologique aura été examinée dans un hôpital, les mesures nécessaires seront prises pour chacun d’entre eux », a-t-il dit.

Les six mères ont pu dire au revoir à leurs enfants en toute sérénité mais ont été privées de liberté à leur arrivée en Belgique, selon le procureur fédéral. « Il s’agit de deux femmes de la région bruxelloise, de deux femmes d’Anvers et de deux femmes de Sint-Niklaas. Elles font l’objet de condamnations par défaut à des peines allant jusqu’à cinq ans de prison », a-t-il précisé. L’OCAM a affirmé qu’elles feront l’objet d’un suivi rapproché, tant pendant qu’après leur séjour en prison.

« Ce rapatriement volontaire depuis la zone de conflit en Syrie a fait l’objet d’une évaluation au cas par cas, en tenant compte de l’intérêt de l’enfant, du danger pour la sécurité publique belge et de la faisabilité pratique », a déclaré l’OCAM. « Pour notre sécurité nationale, un retour contrôlé constitue la meilleure garantie d’un suivi adéquat par tous les services compétents. La situation dans les camps est très fragile et des évasions ne sont pas à exclure. Si un individu venait à disparaître des radars des services de sécurité, les risques sur le plan seraient, certainement à terme, largement supérieurs. Grâce à cette action, nous avons plus de contrôle », a-t-il indiqué.

Par ailleurs, l’influence du groupe terroriste État Islamique reste importante dans les camps, selon l’OCAM. « Des actions telles que le rapatriement de ressortissants belges réduisent le risque que ceux-ci se radicalisent davantage. Et un environnement stable et sûr pour les enfants augmente leurs chances d’avoir un avenir normal dans notre société ».

Au total, 140 Belges ont été rapatriés en Belgique depuis le début du conflit en Syrie et en Irak, dont une quarantaine d’enfants. « Même si l’on constate, pour la plupart, des signes positifs de réintégration et d’abandon de l’idéologie extrémiste, un certain nombre d’entre eux restent encore réceptifs à cette idéologie », a déclaré l’OCAM. Quant aux enfants, « ils ont été recueillis par les services compétents en matière d’accompagnement de mineurs en Belgique. Sur la base des informations à la disposition de l’OCAM, la plupart de ces enfants évoluent positivement ».

« Actuellement, la situation des six femmes et des 10 enfants qui ont été rapatriés l’année dernière fait l’objet d’un suivi par les services compétents, et, compte tenu des circonstances, est évaluée positivement », a ajouté le procureur.

En mars 2021, le Conseil national de sécurité a décidé de rapatrier les femmes et les enfants belges de Syrie, mais à des conditions strictes. En juillet 2021, six femmes et dix enfants avaient déjà été transférés en Belgique. Dans la nuit de lundi à mardi, ce sont six autres femmes et 16 enfants qui ont été rapatriés.

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