Des manifestants déplorent la fin de l’avortement à Saint-Louis, dans le Missouri

Des manifestants déplorent la fin de l’avortement à Saint-Louis, dans le Missouri
AFP

« Les femmes mourraient lors d’avortements à l’époque », affirme à l’AFP cette femme de 68 ans aux côtés d’autres manifestants.

« Nous essayions de protéger les droits des femmes, les vies des femmes, et maintenant ils nous prennent tout ça », a-t-elle déploré.

Vendredi, la très conservatrice Cour suprême a enterré le droit à l’avortement, revenant sur son arrêt emblématique « Roe vs Wade » de 1973 et renvoyant aux Etats la possibilité, ou non, d’interdire les IVG.

Plusieurs Etats conservateurs ont activé, dans la journée, cette interdiction, dont le Missouri.

Moins de deux heures après la décision de la Cour, le ministre de la Justice de l’Etat, Eric Schmitt, a tweeté une photo de lui activant l’interdiction et a estimé que le jour de cette décision était « monumental pour la sainteté de la vie ».

Dès l’interdiction, la clinique Planning familial de Saint-Louis a dû cesser immédiatement toute procédure d’avortement.

« Aujourd’hui pour moi c’est tragique car nous nous sommes battus si fort pour faire passer cette loi en 1973 », regrette Mme Lukehart, accompagnée de sa petite fille Audrey à la manifestation devant la clinique.

« Maintenant 50 ans plus tard, ils nous ont retiré ça. Ce n’est pas juste », souffle-t-elle.

Outre le Missouri, d’autres Etats ont imposé l’interdiction de l’avortement : Alabama, Arkansas, Kentucky, Louisiana, Oklahoma et Dakota du Sud. L’Indiana a également annoncé vouloir prendre des mesures pour faire la même chose. Dans le Wisconsin, des prestataires de service d’avortement ont indiqué que la procédure était interdite dans l’Etat.

Des centaines de manifestants sont descendus dans les rues de Saint-Louis à la suite de l’interdiction en reprenant les slogans « Mon corps, mon choix » et « l’avortement est un service de santé ».

« Nous ne pouvons pas rester inertes lorsque nos droits sont enlevés », lançait un des manifestants dans son porte-voix.

A la clinique, Alec Ryan, 31 ans, souligne que la nouvelle interdiction aura des conséquences. « Donc il va y avoir des femmes et des gens enceintes qui sont pris au piège dans des mariages abusifs parce qu’ils ne peuvent pas se faire avorter », explique-t-il à l’AFP. « Ça va être une tragédie », redoute-t-il.

Linda Locke, du conseil d’administration de la clinique s’inquiète de l’impact de a décision sur les jeunes générations.

« J’ai des petites filles, n’est-ce pas ? », dit-elle. « Et elles ont grandi en pensant que leur corps était sous leur contrôle. Et aujourd’hui, c’est choquant et décevant que la Cour leur dise ça : +non… nous ne vous faisons pas confiance pour prendre des décisions sur votre propre corps ».

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