Nouvelles frappes sur Kiev, le maire dénonce une «tentative d’intimidation»

Nouvelles frappes sur Kiev, le maire dénonce une «tentative d’intimidation»
Belga

« Il y a eu quatre missiles à partir de 06H30 » (03H30 GMT), a indiqué à l’AFP Edouard Chkouta, qui habite ce quartier aisé du nord-ouest de la capitale ukrainienne.

Un immeuble d’habitations « a été touché directement dans les derniers étages et j’ai vu de mes propres yeux des blessés sortir », a-t-il raconté.

C’est la troisième fois depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine que ce quartier situé non loin du centre historique est visé par des missiles. Il avait d’abord été touché mi-mars, puis le 28 avril, lors de la visite à Kiev du secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres. Une journaliste ukrainienne de Radio Liberty avait trouvé la mort.

L’usine d’armement du quartier, dénommée Artem, fondée à la fin du XIXe siècle, produit notamment des roquettes air-air et anti-char et des missiles de gros calibre, selon un site militaire spécialisé ukrainien.

Peu après les frappes, des dizaines de résidents se massaient sur les trottoirs situés en face de l’immeuble touché, certains en pleurs, d’autres en peignoirs ou accompagnés de leur chien, alors que les secours commençaient à évacuer, a constaté une équipe de l’AFP sur place.

Les trois derniers étages de l’immeuble, qui en compte une dizaine, ont été entièrement détruits. Plusieurs incendies se sont déclarés, dégageant une épaisse fumée brune. Les pompiers ont lutté plusieurs heures durant pour maitriser deux foyers d’incendie.

Une collaboratrice de l’AFP habitant dans un autre immeuble du même complexe résidentiel a entendu un puissant bourdonnement précédant les explosions, typique des attaques de missiles.

Un porte-parole de l’armée de l’air ukrainienne a indiqué que les frappes avaient été portées par des missiles, « probablement des X101 », tirés par des bombardiers TU-95 et TU-160 depuis la mer Caspienne. Moscou n’a pas immédiatement confirmé ces informations.

Un mort et quatre blessés hospitalisés

Une personne a été retrouvée morte et quatre autres ont dû être hospitalisées après les frappes russes dimanche à l’aube sur un quartier proche du centre de Kiev, a indiqué le maire de la capitale ukrainienne, Vitaly Klitschko, dans un message sur son compte Telegram.

« Un corps a été retrouvé, six habitants ont été blessés dont quatre ont été hospitalisés parmi lesquels une fille de sept ans », a déclaré le maire qui s’était rendu sur place dès l’aube. Il n’a pas donné immédiatement d’informations sur la personne décédée.

Moscou dit avoir frappé une usine d’armement à Kiev

La Russie a affirmé avoir frappé dimanche une usine de production de missiles à Kiev, qualifiant de « fake » les affirmations selon lesquelles elle avait touché une zone résidentielle de la capitale ukrainienne.

C’est l’usine d’armement Artiom qui, « en tant qu’infrastructure militaire, était la cible », a déclaré le ministère russe de la Défense dans un communiqué, ajoutant que ce site avait déjà été pris pour cible en avril.

« Les forces russes ont attaqué des cibles civiles à Kiev = fake », a insisté le ministère de la Défense. Le missile russe « a précisément touché les ateliers de l’usine Artiom », a-t-il ajouté.

Le ministère russe a affirmé que les dégâts causés à un immeuble résidentiel voisin étaient dus à la chute d’un missile ukrainien de défense antiaérienne. « Les dégâts n’ont pas seulement été causés par le haut, mais par le bas également, ce qui confirme la version d’une chute » d’un missile de défense ukrainien, a-t-il assuré.

Il n’était pas possible de vérifier cette affirmation de manière indépendante.

Selon les autorités ukrainiennes, une personne a été retrouvée morte et quatre autres ont été hospitalisées après les frappes qui ont eu lieu à l’aube dans un quartier proche du centre de Kiev.

« Intimider » avant le sommet

« Je suis allé au balcon, j’ai vu des missiles tomber et entendu une explosion énorme, tout a vibré », a raconté à l’AFP Iouri, 38 ans, qui habite lui aussi ce complexe.

Quatre blessés ont été hospitalisés, dont une petite fille de sept ans qui résidait au neuvième étage de l’immeuble touché. Elle a été « extraite des décombres », a expliqué le maire de Kiev, Vitaly Klitschko, arrivé rapidement sur le site.

Le bilan pourrait encore évoluer. Un autre missile s’est abattu sur un jardin d’enfants à proximité, apparemment sans faire de victimes.

L’AFP a assisté au sauvetage de la mère de la fillette de sept ans, qui a pris plusieurs heures. Elle était coincée sous une dalle de béton, selon les secours. Les autorités l’ont présentée comme une citoyenne de la Fédération de Russie, âgée d’une trentaine d’années. Elle a été transportée à l’hôpital dans un état grave.

Selon M. Klitschko, les Russes ont voulu « intimider les Ukrainiens (…) à l’approche du sommet de l’Otan » et de celui du G7, les deux événements s’enchaînant en Bavière puis en Espagne à partir de ce dimanche et jusqu’à jeudi.

Irena, 32 ans, est sortie sur le trottoir avec son fils Makar, âgé de 17 mois. « On est descendus avec notre baluchon d’urgence qui est près de la porte depuis le début de la guerre parce qu’on a dû évacuer », a-t-elle dit.

La dernière frappe russe sur la capitale remontait au 5 juin, et avait visé une usine à la périphérie sud-est, faisant un blessé. Les sirènes d’alertes aériennes retentissent néanmoins quasi-quotidiennement, invitant les habitants à aller aux abris. Les alertes dimanche matin ont duré plus de cinq heures.

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