Simone Inzaghi - Romelu Lukaku: pourquoi c’est l’union parfaite

Inzaghi a remplacé Conte sur le banc intériste.
Inzaghi a remplacé Conte sur le banc intériste. - AFP

En août 2019, Antonio Conte avait accueilli Romelu Lukaku avec une idée bien précise : le dégrossir. Un régime et des entraînements dos au but, pour affiner silhouette et technique attendaient un joueur que l’Italien courtisait depuis un lustre quasiment. L’équipe, le jeu, il voulait le construire autour de son géant : il était donc impératif qu’il soit au maximum.

Trois ans plus tard, Simone Inzaghi, qui lui avait succédé après qu’il avait claqué la porte d’un club obligé de vendre ses bijoux de famille, ne réservera pas un bonjour aussi martial au même Lukaku. Grâce à Conte, malgré Tuchel, ajoutera-t-on, il sait de quoi son nouveau joueur est capable : de faire toute la différence, en Italie en tout cas, avec les autres équipes. En outre, « Big Rom » va débarquer avec une volonté de revanche au moins aussi large que ses épaules.

Dans les espaces plutôt que dans les pieds

La grande curiosité est évidemment de savoir comment Inzaghi va greffer Lukaku sur son tissu tactique. Il était déterminé à réussir cette transplantation avant son départ pour Chelsea, il a toujours cette même volonté à quelques jours de reprendre la saison avec le Diable rouge à la pointe de son équipe. Il semble qu’Inzaghi ait lui-même insisté auprès de ses dirigeants pour reprendre Lukaku, malgré la perspective peu probable, à ses prémices, que cette entreprise puisse aboutir. En quelques jours de fréquentation, ça avait déjà « cliqué » entre les deux. Inzaghi va donc pouvoir reprendre une réflexion que les 115 millions d’euros de Chelsea et un rêve d’enfant avaient brusquement interrompue l’été dernier.

Il est ensuite primordial que son effectif soit idéalement configuré pour la reprise du 6 juillet. Le voilà satisfait. Et Lukaku, qui n’a jamais chassé un adversaire comme il a pressé la nouvelle direction de Chelsea, encore plus. Comme diraient les supporters de l’Inter : « Palla lunga e pedalare. » Au boulot maintenant.

On le dit par ailleurs : le jeu de Dzeko n’a rien à voir avec celui de Lukaku, les deux attaquants seraient même parfaitement complémentaires si le Bosnien restait dans l’effectif… Dzeko aurait même beaucoup mieux convenu à Tuchel que Lukaku. Son Chelsea joue dans les pieds ; Romelu dans les espaces : ils auraient pu difficilement se trouver ! D’autant que l’Allemand n’avait aucune envie de revoir sa copie collective et Lukaku n’aurait pu se réinventer et découvrir, à 28 ans, un talent technique qu’il n’a jamais eu. Cependant, Inzaghi, lui, est prêt à aménager son approche en fonction de Lukaku, de son côté, le Belge a une entente plus qu’éprouvée, elle a été même spontanée, avec le « Toro » Martínez, ce qui raccourcira d’autant la période des réglages. La saison passée, Dzeko et Martínez se trouvaient plus difficilement.

Pour l’énoncer directement, avec Lautaro Martínez et Dzeko aux avant-postes, l’Inter était obligée de jouer, de bien jouer même, pour s’en sortir ; avec Lukaku, c’est tout le contraire : elle peut reculer bas et miser sur un ballon balancé dans l’espace, le colosse anversois s’occupera du reste sans chichis.

Le passé d’attaquant d’Inzaghi

Mis dans le meilleur contexte tactique possible, entre ses aptitudes et les principes de son entraîneur, Lukaku bénéficiera aussi du bagage d’Inzaghi qui fut lui-même un attaquant. Son approche individualisée avait absolument emballé les chiffres de Ciro Immobile.

Arrivé pratiquement en même temps qu’Inzaghi à la Lazio (2016), sous ses conseils, le centre-avant y a littéralement explosé après quelques ratés à l’allumage de sa carrière. Avec lui, il a inscrit 150 buts en 219 matches sous le maillot « biancoceleste », devenant, en cinq saisons, le meilleur buteur de l’histoire du club… Soit un but toutes les 120 minutes : quasiment la même fréquence (1/121) que Lukaku avec Conte… Par exemple, Inzaghi avait beaucoup travaillé la coordination devant le but avec Immobile, qui avait tendance à se laisser emporter par sa propre vitesse ou fougue. Coïncidence ou pas : comme Lukaku à Chelsea, Immobile n’a jamais reproduit ses performances en club avec l’Italie, pour laquelle Mancini prônait jusqu’il y a quelques semaines encore un jeu dans les pieds plutôt que dans les espaces…

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